La bosse de bison est une accumulation anormale de graisse localisée au niveau de la nuque et des épaules. La bosse de bison appartient à la famille des lipohypertrophies (augmentations anormales du tissu graisseux dans certaines zones du corps).
La bosse de bison peut avoir plusieurs origines, notamment des maladies chroniques.
La bosse de bison n’est pas dangereuse en elle-même, mais elle peut fortement perturber l’image de la personne et son estime personnelle. La prévention des lipohypertrophies est un axe essentiel pour prévenir la survenue d’une bosse de bison. Le recours à la chirurgie permet si nécessaire de supprimer durablement la bosse de bison.
Bosse de bison : qu’est-ce que c’est ?
Normalement, le tissu graisseux est réparti relativement uniformément dans toutes les zones du corps. Cependant, cette répartition peut présenter des anomalies, appelées des lipodystrophies. Les lipodystrophies se divisent en deux grandes catégories de perturbations :
- Les lipoatrophies sont des pertes anormales de tissu graisseux qui peuvent toucher le visage, les bras, les fesses et les jambes. Dans les zones affectées, les veines peuvent devenir très apparentes.
- Les lipohypertrophies sont des accumulations anormales de tissu graisseux pouvant affecter différentes zones du corps : le ventre, la poitrine particulièrement chez les femmes, le cou donnant l’impression d’un goitre, la nuque et les épaules (zone cervicale postérieure) se matérialisant par la bosse de bison, des lipomes, tumeurs adipeuses bénignes (non cancéreuses) formant des boules de graisse rondes et mobiles sous la peau.
Les lipodystrophies semblent se manifester différemment chez les hommes et chez les femmes. Des facteurs hormonaux et métaboliques sont avancés, mais à ce jour, les scientifiques n’ont pas encore élucidé tous les mécanismes à l’origine des lipodystrophies.
Causes de la bosse de bison
La bosse de bison peut être étroitement associée aux traitements de l’infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Parmi les effets secondaires des traitements anti-rétroviraux (les trithérapies ou les tétrathérapies) utilisés contre le VIH, les lipodystrophies occupent une place importante et se matérialisent par :
- une lipoatrophie au niveau du visage, des fesses et des membres, apparaissant progressivement au fil des mois et des années de traitement ;
- une lipohypertrophie avec notamment une bosse de bison, apparaissant souvent rapidement après l’initiation du traitement.
Outre ce contexte, la bosse de bison peut survenir dans d’autres circonstances :
- Le surpoids est l’une des causes principales des lipohypertrophies parmi lesquelles la bosse de bison est fréquente.
- Le diabète traité par insuline peut provoquer des lipohypertrophies, mais elles restent souvent localisées au niveau des jambes et de l’abdomen.
- Quelques maladies génétiques rares provoquent des lipodystrophies pouvant toucher toutes les localisations du corps.
Conséquences de la bosse de bison
La bosse de bison ne présente aucun caractère de gravité en tant que telle. Son principal impact est l’aspect esthétique pour la personne. La bosse de bison est souvent visible de l’entourage et constitue potentiellement une gêne pour la personne.
Chez le patient traité par des médicaments anti-rétroviraux, la bosse de bison peut constituer un facteur de stigmatisation du patient séropositif, contribuant à son mal-être général.
Le plus souvent indolore, la bosse de bison peut dans certains cas causer des désagréments mineurs :
- des difficultés pour dormir sur le dos ;
- des maux de tête ;
- une douleur au niveau de la région cervicale.
Les lipodystrophies peuvent s’accompagner de troubles métaboliques qui font généralement l’objet d’une surveillance médicale appropriée :
- des troubles du métabolisme des lipides, évalués par un bilan sanguin lipidique (dosage des triglycérides et du cholestérol) ;
- des troubles du métabolisme osseux, évalués par un dosage sanguin ou des examens d’imagerie.
Traitement de la bosse de bison
D’une manière générale, il est plus facile de prévenir l’apparition de la bosse de bison que de la traiter une fois qu’elle est apparue.
Les mesures de prévention contre les lipodystrophies comme la bosse de bison sont donc capitales :
- La personne doit avoir une alimentation saine avec un indice de masse corporelle dans les valeurs normales afin d’éviter tout surpoids ou obésité.
- Le tabagisme doit être supprimé.
- La personne doit pratiquer une activité physique régulière et adaptée à son état de santé.
Chez les patients séropositifs :
- Les médicaments les plus à risque de lipodystrophie doivent être évités au maximum. Globalement, les médicaments les plus récents présentent un risque moindre de lipodystrophie.
- L’apparition des lipodystrophies doit être étroitement surveillée par le patient lui-même et par l’équipe soignante.
Le traitement de la bosse de bison n’est pas systématique, si la bosse de bison ne représente pas un handicap important pour la personne. Lorsque la bosse de bison devient insupportable pour la personne, différents traitements peuvent être envisagés :
- Le traitement anti-rétroviral des patients séropositifs peut être modifié dans la mesure du possible, le traitement de l’infection restant prioritaire.
- Les ultrasons donnent un bon résultat, généralement sans récidive. En revanche, cette technique est coûteuse et intégralement à la charge de la personne.
- Le recours à la chirurgie : la bosse de bison est éliminée chirurgicalement par une technique de lipo-aspiration. Chez le patient séropositif, cette intervention peut faire l’objet d’une prise en charge par l’assurance maladie. En revanche, dans les autres cas, l’intervention chirurgicale reste à la charge du patient et relève du champ de la chirurgie esthétique.