Spondylodiscite

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Des douleurs violentes et intense au niveau de la colonne vertébrale ? Il peut s’agir d’une spondylodiscite. Comment se définit-elle ? D’où vient-elle et comment la traiter ?

Toutes les réponses maintenant.

Spondylodiscite : de quoi s’agit-il ?

La spondylodiscite désigne une inflammation vertébrale (spondyl) et discale (discite) d’origine infectieuse. Il s’agit d’une urgence à traiter rapidement afin d’éviter les complications à plus long terme.

Elle est à l’origine d’intenses douleurs au niveau de la colonne vertébrale :

  • La douleur est permanente, insomniante (elle empêche de dormir).
  • Elle peut augmenter lors de mouvements et assez rapidement, le patient ne peut même plus se déplacer tant la douleur est grande.
  • Elle est accompagnée de fièvre, de frissons, de sueurs.
  • L’infection qu’elle provoque et la réaction immunitaire qui l’accompagne peut atteindre et même détruire des racines nerveuses.

À noter : les disques intervertébraux sont situés, comme leur nom l’indique, entre les vertèbres et servent à amortir les chocs.

Quelles sont les causes de la spondylodiscite ?

À l’origine de la spondylodiscite se trouve une contamination bactérienne via la circulation sanguine :

  • lors d’un sepsis ou d'une septicémie, soit la présence d’agents pathogènes dans le sang ;
  • à l’occasion d’une ponction lombaire ou d’une opération chirurgicale ayant provoqué une contamination ;
  • lors d’une infection dentaire, cutanée ou encore intestinale.

Bon à savoir : dans la plupart des cas, l’organisme pathogène à l’origine de l’infection n’est autre que le staphylocoque.

À noter : à l’adolescence et autour de la soixantaine, périodes de la vie durant lesquelles les changements osseux sont les plus importants, la survenue d’une spondylodiscite est plus fréquente.

Spondylodiscite : quelles complications ?

La spondylodiscite peut donner lieu à des complications immédiates ou tardives plus ou moins graves. Voilà pourquoi il est important de la prendre en charge rapidement. Parmi les complications possibles, citons :

  • une raideur rachidienne qui peut rester au niveau du disque intervertébral infecté ;
  • une compression nerveuse par un abcès ;
  • un tassement de la vertèbre touchée ;
  • la compression d’un nerf ;
  • une infection des méninges (méningite) ;
  • une endocardite.

Diagnostic de la spondylodiscite

En cas de douleur aiguë du rachis, et après avoir écarté un déficit neurologique, plusieurs éléments peuvent orienter vers le diagnostic de spondylodiscite :

  • un âge supérieur à 55 ans ;
  • la présence de fièvre ;
  • l'usage des drogues par voie intraveineuse, en particulier chez les sujets jeunes ;
  • des douleurs non mécaniques, nocturnes, et non soulagées par le repos et concernant les lombaires basses et/ou les vertèbres dorsales).

En présence de ces signes d'appels, le dosage de la CRP est le plus souvent suffisant avec, s'il y a de la fièvre, la réalisation d’hémocultures.

Si le syndrome inflammatoire est confirmé, et si possible dans 72 heures, l’IRM doit être l’imagerie de première intention (risque de faux négatif dans les 7-10 premiers jours). Si le diagnostic est probable à l’IRM, l’hémoculture doit être réalisée. Une hémoculture suggérant une infection à Gram négatif ou un pathogène rare doit faire discuter la réalisation d’une biopsie discovertébrale en fonction du contexte clinique.

Comment traiter la spondylodiscite ?

Encore une fois, la spondylodiscite est une urgence médicale qu’il convient de traiter le plus rapidement possible. Le traitement consiste à immobiliser la personne atteinte et, puisqu’il s’agit d’une infection bactérienne, des antibiotiques sont nécessaires. Le choix de l’antibiotique est déterminé par l’analyse du type de bactérie impliquée. On retrouve alors le plus souvent des staphylocoques dorés (dans 50 % des cas), des streptocoques et des entérocoques et la recherche active d’une endocardite infectieuse est nécessaire.

Le contrôle de l’infection demande parfois plusieurs semaines de traitement (au moins un mois en cas d’endocardite infectieuse associée). Il débute en intraveineuse pendant une semaine, puis il se poursuit par voie orale (il arrive qu'il s'effectue directement par voie orale pendant 6 semaines) :

  • face au staphylocoque en associant une quinolone à la rifampicine, l’ofloxacine ou le cotrimoxazole ;
  • face au streptocoque en recourant à l'amoxicilline :
  • face au pseudomonas (rare) en utilisant en première intention la céfépime, une céphalosporine de 4e génération active en monothérapie.

À la phase initiale, il faut faire un examen neurologique quotidien pour s'assurer qu'il n'y a pas de troubles nécessitant une prise en charge chirurgicale.

Quoiqu'il en soit, en l'absence de douleur invalidante, il n'est pas nécessaire que le patient reste strictement allongé durant 7 à 10 jours.

Source : Société française de rhumatologie – Recommandations sur la prise en charge des infections ostéoarticulaires, mardi 13 décembre 2022.

Bon à savoir : il peut être utile qu'un spécialiste évalue la stabilité vertébrale (le port d'un corset est parfois nécessaire) puis, afin de retrouver un maximum de fluidité dans les mouvements du dos, il est possible de faire de la rééducation.

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