La camptocormie est un trouble postural caractérisé par un effondrement du tronc vers d’avant, qui touche surtout les personnes de plus de 60 ans. Il peut être isolé ou survenir dans le cadre de certaines pathologies.
Le point dans notre article.
Historique de la camptocormie
La première description remonte au XIXe siècle dans un contexte psychiatrique de manifestations hystériques. En 1915, des cas sont rapportés chez des soldats combattant lors de Première Guerre mondiale atteints de névroses traumatiques. Par la suite, l’association avec des affections neuromusculaires ou neurodégénératives comme la maladie de Parkinson est évoquée. Ce n’est qu’en 1991 que le caractère organique de la camptocormie est démontré.
Camptocormie : caractéristiques
Le terme camptocormie provient du grec kamptos, courbé, et kormos, tronc. Il correspond à une modification progressive de la posture qui se voûte (cyphose thoraco-lombaire), et entraîne une projection du tronc vers l’avant. Elle est en rapport avec une insuffisance des muscles bordant la colonne vertébrale (spinaux) et non avec une atteinte osseuse ou articulaire de la colonne vertébrale.
Chez l’être humain, la position debout est permise par l’équilibre entre les muscles extenseurs et fléchisseurs de la colonne vertébrale. Dans la camptocormie, ce sont surtout les muscles extenseurs de la partie basse de la colonne (colonne lombaire) qui sont déficitaires. La raison de cette involution musculaire est mal connue.
Symptômes et diagnostic de la camptocormie
Symptômes
La camptocormie est caractérisée par des difficultés de maintien du tronc droit avec tendance à l’effondrement en avant :
- Les premières manifestations surviennent en fin de journée, lors de la marche avec majoration par la fatigue. Progressivement, les difficultés apparaissent plus précocement dans la journée.
- La posture du tronc s’aggrave lors de la marche et disparaît en position allongée.
- Il peut exister une douleur abdominale, conséquence d’une contracture des muscles abdominaux. Cela entraîne parfois des complications comme une insuffisance respiratoire ou des chutes.
Spécificités de la camptocormie
- On la différencie de la cyphose dégénérative ostéoarticulaire par sa réductibilité (du moins au début de l’évolution) quand on demande à la personne de se tenir le plus droit possible, en s’aidant éventuellement d’un appui au niveau de la face antérieure des cuisses ou sur une table.
- Il existe des formes frustes où la posture camptocormique peut être retrouvée par le simple fait de tendre les bras.
- Il existe des stratégies de compensation et d’adaptation : au niveau des membres inférieurs, flexion des hanches et des genoux, recul du bassin, bascule du haut du tronc en arrière.
Causes de la camptocormie
Il est indispensable de rechercher une cause afin de pouvoir instaurer un traitement spécifique. Les causes sont réparties en :
- affections neurologiques : la maladie de Parkinson constitue une cause très fréquente ainsi que les effets secondaires liés au traitement par des neuroleptiques - d’autres affections neurologiques peuvent cependant être responsables ;
- atteintes musculaires : dysfonctionnement de la thyroïde, ostéomalacie, myopathie, myasthénies, neuropathies ;
- atteintes dégénératives de la colonne vertébrale ;
- origine psychogène ou psychiatrique ;
- formes dites idiopathiques (pas de cause identifiée) appelées aussi MTES (myopathie tardive des extenseurs spinaux).
Camptocormie : quel traitement ?
Le traitement est :
- D’abord celui de la cause s’il y en a une, il vise à améliorer la qualité de vie de la personne atteinte et prévenir l’aggravation avant d’arriver à une situation irréversible.
- En dehors du traitement de la cause, la prise en charge comporte des aides à la marche : cannes, ou dans les atteintes plus sévères usage d’un cadre de marche.
Le traitement orthopédique vise à prévenir ou corriger la déformation grâce à des appareillages. Le but est de trouver un compromis entre redressement efficace et confort. Selon le degré d’atteinte, les possibilités sont les suivantes :
- une ceinture lombaire de maintien ;
- en cas d’atteinte plus importante : corset rigide avec appui au niveau de la partie inférieure du sternum, corset sur mesure ;
- pour les atteintes les plus sévères : recours à un corset long avec appui au niveau de la partie haute du sternum ou des clavicules.
Le tout s’accompagne d’une rééducation au sein d’une équipe pluridisciplinaire de médecine physique et réadaptation : médecin rééducateur, kinésithérapeutes, ergothérapeutes… qui adaptent la prise en charge en fonction de la cause et du degré d’atteinte.