Syndrome de la queue de cheval

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Urgence neurochirurgicale, le syndrome de la queue de cheval doit être diagnostiqué et traité le plus rapidement possible afin de réduire au maximum les conséquences fonctionnelles.

Cette pathologie touche indifféremment hommes et femmes, à tout âge.

Décryptons ce syndrome occasionné par une compression des nerfs sous la deuxième vertèbre lombaire.

Syndrome de la queue de cheval : rappels anatomiques

La colonne vertébrale se termine par les vertèbres lombaires, numérotées de haut en bas de L1 à L5. Elles se prolongent avec le sacrum. À l'intérieur de la colonne vertébrale passe la moelle épinière. C'est de la moelle épinière que partent la plupart des nerfs.

Mais la moelle épinière ne descend pas jusqu'en bas de la colonne vertébrale : elle s'arrête sous la deuxième vertèbre lombaire. Sous la moelle épinière, on retrouve un paquet de racines nerveuses, nommé « la queue de cheval ». Ces nerfs contrôlent les organes situés dans le bassin et les membres inférieurs.

Qu'est-ce que le syndrome de la queue de cheval ?

Lorsque les nerfs sortant au niveau des dernières lombaires ou du sacrum sont comprimés, on parle de syndrome de la queue de cheval.

On distingue 4 formes cliniques de syndrome de la queue de cheval :

  • un type complet touchant toutes les racines de L2 à L5 ;
  • un type lombosacré moyen touchant la racine L5 et les racines sacrées ;
  • un type sacré pur où seules les 4 dernières racines sacrées sont atteintes ;
  • un type unilatéral ou hémi-syndrome de la queue de cheval.

Chaque forme diffère légèrement dans ses symptômes mais on retrouve toujours plus ou moins des troubles de la sensibilité, des troubles des réflexes, des troubles sphinctériens, des troubles génitaux et des troubles trophiques.

Symptômes

Cette compression peut entraîner différents symptômes :

  • une paraplégie périphérique (paralysie des membres inférieurs) ;
  • une diminution du tonus musculaire des membres inférieurs ;
  • une atrophie des muscles ;
  • une abolition des réflexes ;
  • des troubles trophiques ;
  • des douleurs qui peuvent toucher la zone lombaire, le périnée ;
  • une insensibilité de la peau du périnée ;
  • des troubles des sphincters.

Syndrome de la queue de cheval : causes

Les causes les plus fréquentes sont :

  • la hernie discale ;
  • les épendymomes (tumeur qui se développe à partir des cellules constitutives de l'épendyme : canal étroit au milieu de la moelle épinière et transportant le liquide céphalo-rachidien).

Il existe également d'autres causes, moins fréquentes :

  • neurinomes ;
  • méningiomes ;
  • métastases ;
  • processus infectieux ;
  • syndrome du canal lombaire étroit congénital ou acquis ;
  • abcès ;
  • traumatisme ;
  • œdème inflammatoire (spondylarthrite ankylosante).

Comment déceler le syndrome de la queue de cheval ?

Diagnostic et traitement

Dans tous les cas, le syndrome de la queue de cheval est une urgence diagnostique et thérapeutique pour éviter un déficit moteur ou des troubles sphinctériens définitifs.

De nombreux patients conservent des problèmes après l'opération. Certaines pertes de sensibilité (organes génitaux, membres inférieurs) peuvent mettre des mois à s'atténuer ou perdurent.

L'examen standard est l'IRM. Mais les examens suivants peuvent également apporter des informations :

  • radiographies standard ;
  • ponction lombaire ;
  • myélographie et sacro-radiculographie par examens de contraste ;
  • le scanner rachidien pour les lésions osseuses et discales.

Une fois établi le diagnostic, le traitement chirurgical doit être mis en place, le plus vite possible.

Bon à savoir : il est également possible d'utiliser des corticoïdes pour réduire un œdème s'il est la cause du syndrome de la queue de cheval.

Diagnostic différentiel

Il existe différentes pathologies dont les symptômes peuvent évoquer un syndrome de la queue de cheval :

  • le syndrome du cône terminal ;
  • polynévrites ;
  • polyradiculonévrites ;
  • lésions plexulaires lombo-sacrés ;
  • polyneuropathies.

Ainsi, le syndrome de la queue de cheval peut être causé par de nombreuses étiologies. Il faut s'attacher à observer le mode d'installation (brutal ou plus lent) car il conditionne les recherches de la cause. Le diagnostic doit, par ailleurs, être posé très rapidement, souvent grâce à l'IRM, afin d'entamer une procédure chirurgicale au plus tôt, permettant de limiter au mieux les conséquences moteurs ou sphinctériennes.

Ces pros peuvent vous aider